Le baptême du Christ
Tempera et huile sur bois
Vers 1470 et 1472-1473
Dimensions : 177 X 151 cm
Musée des offices, Florence
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Le Baptême du Christ de Verrocchio auquel Léonard a ajouté l’ange d’extrême gauche est difficilement datable avec précision. Pas plus que la contribution de Léonard — le fait qu’il ait repeint la plus grande partie du fond à l’huile, même aux endroit où Verrocchio avait déjà terminer son travail à détrempe —, et que le tableau a dû attendre quelque temps dans l’atelier de Verrocchio avant d’être terminer par Léonard ne signifie pas l’absence de véritable collaboration entre les deux peintre. Il s’agit pour ce dernier d’un véritable ouvrage de « maître », car il est entièrement libre de ses décisions. A partir de 1472, pendant deux ans, Léonard se livrera à une activité picturale indépendante. Depuis 1472, en effet il est inscrit à la compagnie de Saint-Luc, la guilde des peintre mais choisi de rester dans l’atelier de Verrocchio, chargé du département peinture. Ceci expliquerait comment il a pu « repeindre » le tableau du maître plusieurs années après son exécution, en 1470.
Les repeints effectués sur la composition d’origine concernent certaines partie du paysage et du corps du Christ, ainsi que l’ange de gauche. IL retouche le torse du Christ et ajoute à son visage ces paupière lourde qui lui donne une expression méditative. Il modifie complètement les lointains paysages et rapproche l’eau au premier plan afin qu’elle baigne les pieds du Christ. Ce faisant il cherche sans doute à masquer le brutalité de la transition entre les plan intermédiaire et le premier plan, à leur trouver en quelque sorte un trait d’union. Même si cette solution ne s’avère pas entièrement satisfaisante, elle trahit chez Léonard un goût précoce de la logique et un génie de la composition.
Léonard ne s’embarrasse pas des représentation conventionnelles quand il ajoute son ange au tableau de Verrocchio, bien que le maître en ait sans doute bien prévu à cette endroit. Il est possible d’imaginer ce qu’aurait été le Baptême sans l’intervention de Léonard en considérant un second tableau sur le même thème, de la main d’un autre élève de Verrocchio, Migliore Attavante, qui montre l’ange agenouillé de profil et regardant vers le centre, attitude classique du XVème siècle pour ce genre de sujet. Mais Léonard rompt ici avec la tradition en faisant tourner sa figure afin de la présenter de trois quart dos, dans une attitude qui met en valeur le visage et son extraordinaire pouvoir de suggestions tout en permettant à l’ange de regarder la scène du baptême. Et le tour de force ne s’arrêta pas là. Il s’établit d’autre part un lien dynamique entre les deux anges tandis que la création d’une forme triangulaire globale contribue à un unifier l’ensemble de la composition. C’est ici que Léonard inaugure son art du mouvement et du contrepoint, sa construction de l’espace à la règle et au compas, qui marqueront toute sa carrière.