L'annonciation
Tempera et huile sur bois
Entre 1473 et 1475
Dimensions : 98 X 217 cm
Musée des offices, Florence
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Comme l’histoire de tant de tableaux attribués à Léonard, celle de L’Annonciation de Florence est incertaine au moins jusqu’à 1867, date de son entrée aux Offices, quand elle est pour la première fois exposée en tant qu’œuvre originale de Léonard. Auparavant, ce tableau appartenait aux moines du couvent
de Monte Oliveto, qui le croyaient à la main de Domenico Ghirlandaio, un contemporain de Léonard, un peu plus jeune que lui. Cette attribution à Ghirlandaio, à mon avis erronée, est régulièrement évoquée. Une possible collaboration entre ces deux peintres a même été récemment envisagée. En réalité, les experts ne s’ appuient que sur deux points: Léonard a bien peint le paysage de l’arrière-plan et le tableau a été réalisé dans l ‘atelier de Verrocchio. La richesse de détails du pupitre centrale, le style de l’architecture, les grands arbres dans le fond, se retrouve assez souvent dans l’œuvre de Verrocchio. De sorte que ce tableau n’a pu être exécuté qu’entre 1473 et 1475, alors que Léonard était encore sous le toit de celui-ci.
Léonard fournit sans doute l’idée générale de L’Annonciation, même si sa contribution à l’exécution elle-même est finalement assez limitée. La surface est divisée en deux parties inégales. A droite, un espace relativement étroit est réservé à la Vierge, Dont la silhouette se détache fortement, encadrée par les pierre de tailles à l’angle de l’édifice. A gauche, l’ange annonciateur occupe en revanche un long rectangle. Pourtant malgré le déséquilibre de ces deux parties, la composition reste harmonieuse et ne présente pas de discontinuité. Cette unité d’ensemble est atteinte grâce, surtout, à la position intermédiaire de l’ange, lequel donne un mouvement de gauche à droite par son attitude tendue vers la Vierge, laquelle de son côté répond au geste prophétique de l’ange. Ensuite, à l’arrière-plan quatre arbres à peu près équidistants rythment la surface du tableau, formant des lignes verticales qui trouvent leur prolongement dans les pierres grimpant le long de l’édifice. Enfin, le long parapet qui se trouve derrière l’ange — à peine interrompue pour encadrer la tête, le main et les lis de ce dernier — court parallèlement en contrepoint, à la ligne des arbres du fond. Le parapet trouve son prolongement dans les lignes horizontales des pierre d’angle. C’est ainsi que la nature, l’architecture et les hommes deviennent interdépendants.