• L’Art et l’Histoire
Pendant les guerres d’Italie François 1er (Victoire de Marignan en 1515) est séduit par la beauté de l’art italien tant dans la qualité de la sculpture, la peinture, l’architecture que dans l’art des jardins de ce nouveau courant artistique « La Renaissance ».
Le Roi de France envisage d'introduire l’art italien dans son royaume et décide d’inviter le plus grand artiste de son temps à le rejoindre en France avec le titre de « premier peintre, ingénieur et architecte du roi ».

En 1517 Léonard de Vinci à déjà 65 ans, il est reconnu pour son génie et ses talents multiples dans le dessin, la peinture, la sculpture et l’architecture.
C’est également un visionnaire doué d’une imagination sans limites qui s’est exprimée dans toutes sortes d’inventions, aussi bien dans la découverte de procédés appliqués aux techniques de l’art (exemple : le sfumato, technique de l'estompé) que dans bien d’autres domaines.
Léonard de Vinci pense qu’il n’a plus rien a faire en Italie où il a déjà réalisé les chef-d’œuvres qui ont fait sa notoriété.
Il perçoit l’invitation de François 1er comme l’opportunité d’y trouver une nouvelle source d’inspiration et d’y finir sa vie.
Pendant l’hiver 1516–1517 Léonard de Vinci franchit les Alpes pour se rendre à Amboise.
La légende dit qu’il serait venu à dos de mulet avec trois de ses plus belles œuvres : La Joconde, la Sainte-Anne et le Saint Jean-Baptiste (alors inachevé), accompagné Francesco Melzi son élève, Salaï son disciple et Mathurine sa servante.

On suppose que c'est un autoportrait de Léonard de Vinci très agé



Le Château d'Amboise



Le Clos-Lucé
   • À Amboise
Une fois à Amboise, François 1er offrit à Léonard de Vinci le manoir de Cloux, aujourd’hui le Clos Lucé, à quelques centaines de mètres du château Royal d’Amboise (un souterrain secret reliait le château au Manoir) et lui alloua une pension confortable.
Le Clos Lucé fut sa première demeure car il avait passé sa vie à voyager pour travailler au service des seigneurs et souverains italiens, il était enfin « libre de penser, rêver et travailler ».

Léonard de Vinci devient courtisan, il est un interlocuteur admiré et recherché pour son érudition et sa conversation.
Comme tout son entourage François 1er manifesta une véritable affection pour le vieil homme qu’il appelait « mon père », il lui confia diverses missions comme l’organisation des fêtes de la Cour à Amboise, la création de costumes, ainsi que l’étude de divers projets.

Outre le lancement de la Renaissance en France, Léonard de Vinci, malgré la paralysie partielle de sa main droite survenue en 1517, acheva à Amboise les œuvres qu’il avait ramené d’Italie et consacra son temps au dessin et à l’élaboration de plans d’architecture civile et militaire, d’urbanisme, etc..
On lui doit notamment la transformation du Château d’Amboise qui était auparavant une forteresse en une élégante demeure d’agrément avec des jardins à l’Italienne ; on a aussi retrouvé ses projets d’architecture pour le château de la Reine Mère à Romorantin, un grand projet d’assèchement de la région de la Loire entre Romorantin et Amboise, etc.
On lui attribue également (mais sans certitude) les plans du château de Chambord et notamment son escalier à double révolution.


Plan pour le chateau de Romorantin

• La fin de sa vie
       Le 23 avril 1519, Léonard fait son testament : il lègue ses manuscrits et ses instruments à son élève Melzi, ses autres biens à ses serviteurs.
Après avoir rédigé «Nul être ne va au néant» et demandé le sacrement de l’Eglise, Léonard de Vinci mourut le 2 mai 1519 à l’âge de 67 ans, au manoir de Cloux. On prétend qu’il expira dans les bras de François 1er qui fut très affecté.

       A sa demande Léonard fut enterré d’Amboise. Sa sépulture fut profanée et détruite pendant les guerres de religion. Il fut ainsi enterré au sein du Château dans la collégiale Saint-Florentin dont il ne reste aucune trâce visible aujourd'hui. L'emplacement de sa sépulture est matérialisé par la présence d'un buste de marbre blanc érigé sur un socle de granit, à l'entrée du parc du Château. Ce modeste édifice date vraissemblablement du début du XXème siècle, très certainement après la première guerre mondiale. Il s'agissait de commémorer le quatrième anniversaire du décès de l'auteur de la Joconde. Il faut préciser qu'au milieu du XIXème siècle, des fouilles archéologiques furent à cet endroit, réalisées et que l'on exhuma les restes de Léonard de Vinci. Ces travaux furent conduits par l'Etat ( sous le second empire) sous la surveillance et en présence d'Arsène Houssaye, Directeur National des services archéologiques. Quelques temps plus tard, ces ossements furent réinhumés au Château, plus précisément dans le transept droit de la Chapelle Saint-Hubert où ils se trouvent toujours. La source de confusion vient du nom de l'église Saint-Florentin. L'édifice actuel dont vous soulignez à bon droit le mauvais état de conservation, a été construit à la demande du Roi Louis XI durant le deuxième tiers du XVème siècle.C'était à l'origine l'église paroissiale de Notre-Dame-en Grève qui fut rebaptisée ensuite Saint-Florentin.
( précisions apportées par M. Sureau conservateur du château d' Amboise )